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| L'effet Cesc |
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| Écrit par youthplayers.blogs.francefootball.com | |
| 19-12-2007 | |
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Des transferts frauduleux ! Les clubs, impuissants devant des équipes comme Liverpool, qui possède six jeunes espagnols. You'll never walk alone. Tu ne marcheras jamais seul. Le vieil hymne popularisé par Gerry & The Pacemakers n’a jamais autant bien porté son nom que cet été lorsque Fernando Torres quitta l’Atlético de Madrid pour signer à Liverpool. L’attaquant est arrivé sur les bords de la Mersey en parlant un anglais approximatif. Peu importe. Il ouvrit la porte du vestiaire et trouva Reina, Arbeloa et Xabi Alonso. Puis direction le bureau de l’entraîneur pour converser avec Rafael Benítez. Quand il visita les installations de Melwood, le centre d’entraînement du club, il se sentit accompagné, entouré de mots qu’il connaissait. Il y a six adolescents âgés de 16 à 19 ans à Melwood, le centre de formation de Liverpool : Daniel Pacheco (Barça), Daniel Ayala (Sevilla), Mikel San José (Athletic), l’hispano-argentin Gerardo Bruna (Real Madrid), Francisco Durán (Málaga) et Miki Roque (Lleida, prêté à Xerez). Leur présence, perçue comme une spoliation, indigne les clubs espagnols qui les ont formés : « C’est une véritable honte ! » déplore Pablo Blanco, le coordinateur du centre de formation du FC Séville, qui vit aussi partir en son temps Antonio Barragán, aujourd’hui au Deportivo, à Liverpool. « Ils profitent des rêves des jeunes et leur proposent une bourse d’étude avec des émoluments beaucoup plus importants qu’ici. Nos salaires vont de 300 à 1500 euros par mois. Là-bas, ils sont de 3000 à 5000 euros mensuels, plus le logement. La cerise sur le gâteau étant de jouer à Liverpool, une des meilleures équipes au monde » ajoute-il. « Comme ces jeunes ne sont pas professionnels, ils peuvent partir dès l’aube ! Nous ne pouvons pas faire signer un contrat professionnel aux 450 adolescents que nous avons. Leur départ est inévitable. » Que Liverpool s’intéresse à l’Espagne n’est pas un hasard. « Benítez et son entourage ont une grande connaissance de la formation espagnole » expliquent les clubs concernés. « En Angleterre, ils sont soumis à une loi qui les oblige à prendre des jeunes nés à proximité du club (1). Ils doivent être de vrais bûcherons (sic) à Liverpool. Nous sommes à la mode parce que le talent est en Espagne. Il n’y a qu’à voir les sélections de jeunes. En Angleterre, pour trouver un Rooney, il faut chercher parmi des milliers d’enfants. » Ce phénomène d’exportation de jeunes joueurs espagnols, amplifié par la présence de Sergio Tejera à Chelsea et de Fran Mérida à Arsenal, a un nom. « C’est l’effet Cesc » dit Blanco. Il a démontré un talent impressionnant à Arsenal. Il est devenu une star en Angleterre. Ils lui ont ouverts les yeux. » L’argent, aussi, est en Premier League, où les clubs jouissent des contrats télévisuels les plus lucratifs d’Europe. Ce qui met la formation espagnole en danger. Et le Barça en point de mir. « C’est une façon frauduleuse de recruter des joueurs formés dans d’autres clubs » affirment les dirigeants de l’équipe azulgrana, qui vit cet été Liverpool leur arracher Pacheco, 16 ans. « Cela peut-être une récompense financière importante pour le club, mais quand on voit l’exemple de Cesc... Nous tentons de défendre la présence du joueur comme nous pouvons. Nous l’avons fait avec Bojan et Giovani, qu’ils avaient repérés, mais pour les autres, nous ne pouvons pas lutter. C’est le cas de Pacheco » expliquent-ils. « Dans d’autres situations, pourtant, nous avons dû augmenter notre offre financière, sinon, ils partaient. Ils le font du jour au lendemain. On ne peut rien faire, même pas une contre-proposition. Ce n’est pas normal. » Liverpool, comme quasiment tous les clubs qui recrutent un mineur, ont recours au changement de résidence des parents. Il ne paie pas de transfert. Les équipes concernées doivent chercher de l’aide auprès de la FIFA qui a établi un barème de compensation pour les coûts de formation, en fonction du nombre d’années passées au club par le joueur et s’il est international. « Pour Barragán, nous avons touché 80 millions de pesetas » avoue Blanco. Anfield parle espagnol. Melwood aussi. Après l’Angleterre, l’Espagne est le pays le plus représenté au centre de formation de Liverpool. Même l’entraîneur des réserves est espagnol : il s’appelle Ángel Vales. Benítez est arrivé en 2004 et ses succès ont amené les supporters à rebaptiser l’équipe en « Spanish Liverpool ». Aujourd’hui, le surnom tient plus que jamais. Traduit de Juan José MATEO, elpais.com, Madrid, 10/10/2007, consulté le 29/11/07 http://www.elpais.com/articulo/deportes/fichajes/fraudulentos/elpepudep/20071010elpepidep_2/Tes (1) « En fait, les plus jeunes joueurs doivent obligatoiremeent provenir d’une zone géographique qui a le club pour épicentre, et dont le rayon ne peut excéder 90 km. Cela constitue un gros désavantage pour les clubs du Sud, qui sont coupés des deux plus gros réservoirs traditionnels du football anglais : le Nord-Ouest (Liverpool, Manchester) et le Nord-Est (comités du Yorkshire et de Tyneside). » Auclair, Philippe.- « La Premier League, vivier de vaincus ».- France Football.- 2007 n°3216, p.45. Contact presse : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir Site web : http://youthplayers.blogs.francefootball.com/ |


